REGARD ET RÉFLEXION SUR NOTRE FACON DE CONSOMMER -Nourriture/Alimentation-

A ce jour, le sujet de comment manger, quoi manger devient un sujet ouvert à toutes sortes de jugements, préjugés, croyances qui ne font qu’amener l’humain à se juger, se culpabiliser et prétendre que son régime alimentaire, qui lui est propre, est celui convenant également aux autres. La tentation à vouloir imposer ses idées et convictions étant si forte..

Il existe tant de modes alimentaires que l’on en vient à se demander si justement cela ne devient pas une « mode »..

« Végétarien, végétalien, crudivore, végan, flexitarien, omnivore, frugivore, régime paléolithique, gluten, sans gluten etc.. »

Puis vient la question du Bio, du non bio, du local, pas local. Du bio local, du bio de supermarché, du bio de magasin bio, faire ses courses au marché, en supermarché? maraîcher local, bio ou maraicher classique avec des produits étrangers?

Chacun voit midi à sa porte comme on dit et j’observe que nous avons systématiquement et pour chaque mode de consommation et de nutrition de quoi juger!

Pour certains végétariens ils ont le meilleur mode alimentaire, ne mangeant pas de viande. Pourtant si l’on cherche les détails et la critique, le lait, les fromages, les oeufs ne sont pas si bons que l’on ne le prétend, tout au contraire..
Le pain, les céréales, le gluten peuvent aussi être source d’indigestions et autres problématiques intestinales.
Et pour certains et ce qui est recherché dans ces produits, la peur de manquer de protéines les poussent à être en surconsommation de celles-ci et de ce fait, consommer des aliments qui ne leur conviennent pas vraiment, et cela sans en être conscient.

Les vegan comme les végétariens ont de très bonnes raisons de ne plus consommer de produits animaux, on sait aujourd’hui que la production de viande et l’élevage d’animaux représentent une grosse empreinte écologique, dépassant selon certaines études celle de la pollution par les véhicules (voitures, avions etc..) et la maltraitante animale quand au mode d’élevage, transport et abattage n’est plus tolérable et connue aujourd’hui du grand public, sauf pour celles et ceux qui ont fermement et consciemment choisi de se voiler la face.

Afin de concrètement démontrer que dans toute alimentation, il y a de quoi pointer du doigt quelque chose et porter un jugement, je me suis permis de m’amuser à en cibler quelques-uns:

Chez les végan:

La plupart des substituts qui remplacent les oeufs, le lait, les protéines animales ne sont pas des produits locaux.

huille de coco: non locale, et produit parfois utilisant des singes maltraités afin de participer à la culture de la coco.

huile de palme: contribue à la déforestation, matière grasse hydrogénée non assimilable par l’organisme.

amidon, fécule de mais: produits transformés, aliment à mucus souvent pire que le gluten pour les problèmes intestinaux.

Le tofu, lait de soja: produits tout sauf local et avec bien des contre-indications vraies ou fausses..quand à ses bienfaits.

Les céréales (orges, avoine, blé..) qui pour certain naturopathe, hygiéniste sont des produits à éviter responsables de plusieurs troubles physiologiques.

Les margarines diverses proposées sont souvent parfois à base de matières grasses hydrogénées et il est nécessaire de bien chercher pour en trouver des qui ne le sont pas.

Et toute une panoplie de produits non locaux et pas forcément de saisons et principalement cuits, destitués de tous nutriments et vitamines..

Car chez les crudivores, on pourrait aussi trouver de quoi se faire plaisir:

Est-ce possible de se nourrir que de produits crus et vivants, en toute saison (notamment hivernale) et dans chaque région?
Car reconnaissons qu’ici (en Bourgogne) passer un hiver en ne mangeant que du cru n’est pas chose facile et nous sommes vites limités dans ce qui peut être local et biologique. Et à savoir que ce ne sont pas les besoins physiologiques de chacun.
Tout le monde n’est pas « physiologiquement et émotionnellement » prêt à se nourrir de façon crue, même si la transition peut être facile chez certaines personnes.

Et concernant n’importe quel consommateur, quel est l’impact de tous les divers produits qui sont achetés « sous emballages » et qui pourraient être « faits maisons » ne nécessitant pas de déchets plastiques, comme les biscuits, les laits végétaux, privilégier les produits en vracs etc..
Les recettes aujourd’hui sur le net ne manquent pas et les solutions/ alternatives au mieux se nourrir sont en abondance!

Soit, tout cela pour démontrer qu’il est toujours possible de juger, notre esprit est un champion pour cela et l’ego, un passionné.
On a beau être un pro-vegan, végétarien ou autre, cela ne nous empêche pas de condamner, juger, montrer du doigt ou être agressif envers soi-même ou son voisin.

Le plus important dans tout cela est de savoir pourquoi nous faisons les choses!

Agir avec conscience et surtout déceler les sentiments de culpabilité qui se cachent derrière tous ces « il faut » « il ne faut pas » « c’est bien » « c’est mal » est pour moi la priorité et nous amène à avoir des actions en rapports avec nos propres valeurs et aspirations et non pour contrer un mouvement ou faire « pour améliorer le monde ».

Le monde c’est nous, c’est la manifestation de ce qui se passe en nous et nos pensées et actions quotidiennes sont parfois bien plus importantes que le fait de manger bio, local, viande ou végétal, sans nier pour autant l’impact que cela a sur notre santé et pour l’écologie, mais un esprit pollué (par les jugements, rivalités, sentiments dualistes..) dans un corps saint n’est pas plus profitable et générateur d’amour et de bon sens que l’inverse.

A reprendre la citation de Pierre Rhabi « On peut très bien consommer bio et exploiter son prochain, ça n’est pas incompatible ».
Tout comme un végétarien peut être bien plus agressif et haineux qu’un carnivore.

D’ailleurs me concernant et pour ma part:

Nous ne sommes pas ce que nous mangeons, mais nous mangeons en fonction de Qui Nous Sommes

Le jugement est toujours une projection de nos propres peurs, de nos comparaisons, de nos croyances et à chacun d’apprendre à s’écouter et s’apporter ce dont il a besoin, avant de condamner les actes des autres.

« On voit la paille dans l’oeil du voisin, mais on ne voit pas la poutre que l’on a dans le sien »

Soigner l’esprit, penser et agir avec conscience est un art et une pratique de chaque instant, qui vaut bien tous les actes bienfaiteurs ou moralisateurs que l’on croit faire pour améliorer ce monde.

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